Nawfel
Biographie

On ne compte plus en France les excellents guitaristes. Et ceci quels que soient les genres abordés: blues électrique de Chicago ou du Texas, classique, rock, jazz, fusion...Nous pouvons même nous targuer d’un courant entièrement original avec Django et sa nombreuse descendance. Il faut dire que les maisons de disques ont gravé et regravé les grands maîtres, que les magazines spécialisés éditent tablatures et partitions, sans compter cassettes vidéo, cours et master - classes. Tout cela n’explique quand même pas l’arrivée d’un ovni nommé Nawfel venu d’une autre planète pour atterrir à Soissons, dans l’Aisne, terrasser le public lors d’un concert au Printemps de Bourges, aller faire un tour à Chicago il y a deux ans histoire de se frotter à la scène locale et nous revenir aujourd’hui de Los Angeles avec le disque le plus époustouflant entendu depuis bien longtemps. Nawfel a été touché par la grâce. Sa virtuosité est renversante mais aussi sa maîtrise à construire les solos et leur tordre le cou jusqu’à l’émotion extrême. Bref, une autre approche de la guitare. Une langue inédite encore.

Le studio Sunset Sound Factory d’Hollywood a servi d’écrin pour l’enregistrement, et cela sans hasard ni frime. Simplement, le lieu est une véritable mecque où les meilleurs musiciens s’agglutinent en dévotion. Jugez-en vous mêmes: Barry Goldberg officie aux claviers (et à la production avec Philippe Le Bras), Mario Caldato Jr, ingénieur et co–producteur des Beastie Boys fait ici la preuve qu’il est un des meilleurs mixeur du millénaire à venir. Son comparse Money Mark, chez les mêmes Beastie Boys trafique les claviers comme à son habitude. Ivan Neville - fils d’Aaron Neville - qui a officié avec Keith Richards dans les X-pensive Wino’s prète sa voix à cinq des sept titres chantés du disque. L’autre voix, celle de Melanie Herrold, qui s’offre une reprise du AI Want To Take You Higher@ de Sly Stone n’est pas sans rappeler celle de Betty Davis, l’ex femme de Miles. Reggie McBride (Stevie Wonder, Ry Cooder, etc), maître incontesté du groove, est à la basse. Luis Conte aux percussions (Madonna, David Lindley); Jack Sherman à la guitare rythmique (Red Hot Chilli Pepper, George Clinton). Derrières les batteries: Rayford Griffin (Isley Brothers), Don Heffington (Lone Justice, Taj Mahal), Gary Mallaber (Van Morrison, Steve Miller, Bruce Springsteen) et Jim Keltner (impossible à présenter entre John Lennon, Ry Cooder et Phil Spector). Ajoutons à cela les Johnson Sisters, Rocky Roberts, Aguitar tech.@ de Neil Young - il mérite là une koubba pour son travail sur le son des guitares et des amplis - et un Nawfel s’épanouissant dans ce beau linge avec une aisance et un feeling déconcertant où, pour la première fois, une Asoul guitare@ est promue soliste et dès son premier envol atteint les sommets sur des thèmes d’Hendrix, Sly Stone, Donald et Woody Kinsey, Aretha Franklin, Los Lobos, ou Booker T.Jones (le ABig Bird@ que jouaient ensemble chez Stax Steve Cropper, Pops Staples et Albert King).

Certes, le grand-père de Nawfel jouait le mezoued - cornemuse en peau de chèvre - dans l’Orchestre National de Tunisie, et le père de la guitare électrique en peau d’acajou pour tenter de rivaliser avec Django Reinhardt, Wes Montgomery ou Jimi Hendrix. Mais une fois encore, l’explication n’est pas ici. On décèle dans ses influences du Santana, Phil Upchurch, Clapton, Shuggie Otis (le fils de Johnny Otis) en dose homéopathique et parfaitement diluée. Les Texicali Horns, qui avaient accompagné Stevie Ray Vaughan, ont pensé après la séance avoir rencontré la réincarnation de leur ancien leader. Renseignements pris, le gamin est né six mois avant la mort du virtuose. Nawfel à donc treize ans. Ce qui ne revêt aucune importance à l’écoute du disque, tant son phrasé et sa maturité l’emportent.

Une fois rejoint à Soissons, ville où il est né, sa caverne d’Ali-Baba aux cent guitares, pédales, amplis et racks d’effets, Nawfel a déclaré : j'ai réalisé mon rêve.

C’est surtout un pan entier de notre rêve intérieur qu’il a réalisé en enregistrant cet album.

Contact :
Universal Jazz
Bod Pascal
Tel : 01 44 41 93 70