37 %. C’est la hausse nette du nombre d’incidents de cybersécurité signalés par l’ANSSI en France pour 2025. Les PME, désormais en première ligne, représentent plus de la moitié des victimes recensées. Sur la scène mondiale, les rançongiciels dictent toujours leur loi, et les entreprises cèdent face à une pression accrue : 22 % de demandes de rançon payées en plus.
L’année marque un tournant : les méthodes d’attaque se diversifient, ciblant de plus en plus les services publics et les infrastructures jugées vitales. Malgré un renforcement des budgets consacrés à la cybersécurité, chaque rapport sectoriel tire la même sonnette d’alarme : les cybermenaces gagnent en finesse et en impact.
Où en est la cybercriminalité en 2025 ? Chiffres clés en France et à l’international
Jamais la cartographie des cybermenaces n’a semblé aussi mouvante. D’après le dernier rapport de l’ANSSI, 5 700 incidents détectés en France, soit une envolée de 37 % en un an. Hôpitaux, administrations, entreprises : la pression numérique frappe partout. À l’échelle mondiale, le volume des attaques grimpe, les fuites et vols de données explosent.
Les données publiées par l’ENISA donnent la mesure : 4,4 millions d’euros, c’est ce que débourse en moyenne une organisation européenne victime d’une violation. En France, la facture se paie aussi en confiance et en réputation, en particulier lors de fuites de données sensibles qui laissent des traces sur la durée.
Quelques chiffres traduisent la réalité sur le terrain :
- 54 % des victimes en France sont aujourd’hui des PME
- À l’échelle internationale, les paiements des rançons progressent de 22 %
- Deux attaques sur trois débouchent sur une fuite ou un vol d’informations
D’un pays à l’autre, la physionomie du risque change : la France subit de plus en plus de cyberattaques sur ses collectivités, alors que l’industrie est en ligne de mire en Allemagne ou au Royaume-Uni. La criminalité numérique se structure, portée par des organisations capables d’exploiter toute faille, pour lancer des assauts à grande échelle. Dans ce jeu sans frontières, la moindre brèche entraîne des répercussions qui dépassent largement l’Hexagone.
Quelles attaques dominent le paysage numérique cette année ?
En 2025, les ransomwares continuent d’imposer leur tempo. Services publics, entreprises privées, tout le monde est dans le viseur. La double menace s’est généralisée : blocage d’activité et pression pour éviter une publication massive de données sensibles.
La collecte illégale de données atteint des records. Sur le dark web, des fichiers entiers d’informations personnelles changent de main, rendant l’usurpation d’identité de plus en plus simple pour des groupes organisés. Les incidents passés nourrissent de nouveaux actes malveillants, amplifiant la vulnérabilité des victimes.
Si l’on regarde les tendances phares, quelques constats s’imposent :
- Les ransomwares comptent pour 41 % des cyberattaques repérées
- Les fuites de données sont au cœur de 35 % des incidents rapportés
- L’usurpation d’identité bondit de 28 % sur un an
L’utilisation accrue des crypto-actifs complexifie la tâche des enquêteurs, facilitant transferts de fonds et blanchiment après l’attaque. Les incidents se préparent et s’exécutent en un temps record : intrusion rapide, vol de données, paralysie soudaine. Avec chaque nouveau service exposé, une faille potentielle en plus à gérer. Les cybercriminels innovent, s’adaptant à chaque changement d’habitude ou de technologie.
Menaces émergentes : ce que révèlent les tendances et les nouveaux modes opératoires
L’année 2025 accélère la mutation des attaques numériques. Les méthodes employées se transforment à un rythme soutenu. L’intelligence artificielle devient une arme, détectant automatiquement les failles ou générant des contenus frauduleux impossibles à repérer pour les filtres traditionnels. La désinformation atteint un niveau inédit, propulsée par des textes ou images générés en masse, susceptibles de manipuler l’opinion ou de semer le trouble à grande échelle.
Les chaînes d’approvisionnement deviennent une cible privilégiée : les attaquants cherchent à pénétrer les systèmes par l’intermédiaire de sous-traitants fragilisés, avant de rebondir vers de plus grands acteurs. Cette dynamique met en lumière la fragilité de réseaux interdépendants où le maillon faible fait peser un risque sur toute la chaîne.
Dans cette période instable, la vigilance collective et l’acquisition de nouveaux réflexes deviennent une nécessité. La formation des équipes et la sensibilisation active permettent de limiter la casse, à condition d’adapter sans cesse les défenses et de rester au contact de l’évolution des menaces. Partout, sur les forums secrets, s’échangent guides, scripts automatisés ou bases de données volées : le jeu du chat et de la souris s’accélère, jour après jour.
Pourquoi les TPE-PME doivent renforcer leur vigilance et où trouver des ressources fiables
Sur le terrain, pour les TPE et PME françaises, la cyberattaque s’est transformée en menace concrète et persistante. Ces structures à taille humaine, souvent dépourvues de protections abouties, encaissent les coûts de manière brutale : exercice bloqué, données dérobées, réputation mise à mal. La survie de l’activité est parfois suspendue à la rapidité de réaction face à une attaque.
Accumulation des ransomwares, recrudescence du phishing : impossible de se reposer sur les solutions d’un autre temps. Il faut miser sur des mesures capables de freiner vraiment la progression des attaques : adoption de l’authentification multi-facteurs, cloisonnement des accès (modèle Zero Trust), surveillance renforcée par outils EDR, mais aussi formation régulière pour affûter la vigilance et éviter les erreurs humaines, première porte d’entrée exploitée par les assaillants.
Pour mettre toutes les chances de leur côté, les dirigeants de TPE-PME peuvent s’appuyer sur divers dispositifs :
- Des portails gouvernementaux ou plateformes d’assistance offrant alertes, conseils pratiques et accompagnement adaptés à leur réalité
- Les chambres de commerce, qui diffusent des guides opérationnels et organisent des ateliers pour aider à renforcer la sécurité numérique
- Des prestataires spécialisés, qui proposent diagnostics de vulnérabilité et solutions sur-mesure pour couvrir les besoins des petites structures
La cybersécurité n’est plus une question de taille d’entreprise ou de secteur : la menace vise large, le défi est collectif. Chaque geste préventif renforce la solidité de l’ensemble. Forgez une culture du réflexe cybersécurité : c’est votre capacité à rester opérationnel, même quand le monde numérique tangue autour de vous.


