À compter du 1er janvier 2026, le gel du point d’indice se maintient alors même que le SMIC progresse à nouveau, forçant une révision technique de plusieurs échelons des grilles indiciaires. Certains agents, notamment en catégorie B, constatent que leur progression de carrière se traduit par des augmentations nettes quasi nulles, une situation accentuée par le rattrapage du bas de grille sur le salaire minimum.
Les modalités de versement des primes subissent elles aussi des ajustements, en particulier pour les ATSEM, dont la rémunération nette se trouve impactée par la nouvelle architecture des compléments et indemnités. Ces modifications, loin d’être uniformes, varient selon les filières et le positionnement indiciaire de chaque fonctionnaire.
Ce que révèlent les nouvelles grilles de la fonction publique territoriale en 2026 : salaires, point d’indice et évolution des carrières
Le décret dévoilé au printemps vient chambouler les repères de la grille de la fonction publique territoriale 2026. Pour les agents, la mécanique du traitement brut s’en trouve bousculée. Le point d’indice, toujours gelé, laisse la progression du SMIC creuser l’écart. Résultat : les premiers échelons de la grille indiciaire s’alignent une fois encore sur le minimum légal, redessinant le calcul du salaire dès le début de carrière.
Dans les services ressources humaines, on doit désormais composer avec des évolutions d’échelons qui n’offrent plus de garantie d’augmentation palpable. L’avancement de grade n’apporte pas forcément davantage sur le brut mensuel. Le traitement indiciaire reprend le devant de la scène : la grille s’étire, mais les écarts de rémunération persistent, particulièrement dans les filières techniques et administratives.
Pour mieux cerner l’impact de ces changements, voici ce qui ressort concrètement pour les différentes catégories :
- Les fonctionnaires de catégorie C voient leur montant du traitement indiciaire coller de près au seuil du SMIC.
- Dans la catégorie B, longtemps considérée comme la rampe de lancement vers une progression, la stagnation domine. Le relèvement du bas de grille grignote l’avantage de certains passages d’échelon.
- Le décret 2026 impose un nouveau regard sur les grilles indiciaires : la notion de carrière, avancement, grade s’efface, remplacée par une logique technique moins lisible.
L’écart entre salaires bruts à l’entrée et à la sortie du parcours se réduit, remettant en cause l’attrait de la fonction territoriale pour nombre d’agents. Les collectivités tentent d’ajuster leur politique salariale, souvent sous contrainte, pour offrir un minimum de reconnaissance à ceux qui voient leur brut mensuel à peine bouger d’un échelon à l’autre. Les dispositifs indemnitaires sont sollicités comme jamais, mais l’équilibre demeure précaire.
ATSEM, catégorie B et agents concernés : quels changements concrets sur votre rémunération nette et vos primes ?
La refonte des grilles modifie bien plus que le traitement indiciaire. Pour les ATSEM, agents de catégorie B et d’autres personnels concernés, les ajustements touchent directement le brut mensuel et rejaillissent sur les primes et indemnités. Avec la hausse du SMIC, le mécanisme d’indemnité différentielle s’active : ce dispositif garantit que personne ne descende sous le seuil légal, sans pour autant augmenter le salaire des fonctionnaires au-delà.
Les paramètres comme la NBI (nouvelle bonification indiciaire) et le supplément familial de traitement (SFT) demeurent inchangés. L’indemnité de résidence, toujours liée à la localisation, continue de s’appliquer. Ce qui change la donne, c’est la place prise par le RIFSEEP, ce régime indemnitaire articulé autour de l’IFSE (indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise) et du CIA (complément indemnitaire annuel). Face au faible dynamisme du traitement indiciaire, les collectivités s’appuient sur ces primes, mais l’enveloppe budgétaire reste sous tension.
Voici ce que cela implique concrètement pour les agents :
- La prime mensuelle, attendue comme un levier pour combler les différences, dépend toujours du choix de l’employeur local.
- Le montant de l’indemnité différentielle suit la trajectoire du SMIC : plus ce dernier progresse, plus la compensation évolue.
- Le supplément familial reste figé, sans réévaluation liée à la réforme.
Pour les agents publics, le calcul du salaire se complique. Même si le traitement de base grimpe, la rémunération nette n’en profite pas toujours, les primes s’ajustant à peine. Les dispositifs indemnitaires sont sous pression, tandis que de nombreux agents de la fonction territoriale attendent enfin que leur engagement soit pleinement reconnu sur leur bulletin de paie. La grille change, les attentes, elles, restent entières.


